Après 30 ans de fonctionnement dans un esprit de consensus malgré les étiquettes politiques différentes, le syndicat mixte des transports en commun « Tisséo » connaît aujourd’hui une situation de blocage. En effet, non seulement la situation est financièrement délicate, mais elle est surtout politiquement et institutionnellement bloquée, notamment par le désaccord avec le SICOVAL sur le prolongement de la ligne B du métro vers Labège.

 

 

Pierre Cohen a donc décidé de créer une nouvelle structure, sous la forme d’un établissement public industriel et commercial dont la Communauté Urbaine serait l’autorité organisatrice. Ainsi, le Grand Toulouse pourrait choisir et porter les projets de transports collectifs dans son périmètre (plus restreint qu’actuellement), sans se voir opposer des vétos tels que cela a pu être le cas récemment.

Cependant, pour permettre une collaboration avec les autres acteurs du transport autour de la Communauté Urbaine, il a été proposé de créer un syndicat mixte « SRU », intégrant les autorités organisatrices de transport urbain, le conseil général et la région. Cette instance de dialogue ne gérerait pas les transports mais pourrait permettre de discuter et d’harmoniser les tarifs et les informations pour les voyageurs.

 

 

Nous craignons par cette délibération une forme de repli de la Communauté Urbaine sur elle-même, alors que les transports de l’agglomération toulousaine doivent être pensés et imaginés au-delà du Grand Toulouse. Enfin, cette nouvelle gouvernance permet à la Communauté Urbaine d’éviter les débats sur des projets importants tels que le prolongement de la ligne B du métro vers Labège, projet ainsi exclu sans discussion avec les partenaires. Pierre Cohen et son équipe montrent une nouvelle fois ainsi leur volonté de gouverner seuls, de diriger sans débat et sans rechercher le consensus des partenaires, mêmes quand ils sont du même bord politique !

Enfin, beaucoup de questions restent sans réponses : quelle est la position du SICOVAL et de la CAM (Communauté d’Agglomération du Muretain) sur cette nouvelle gouvernance ? A-t-on envisagé tous les problèmes juridiques que la nouvelle gouvernance peut poser ? Ainsi, Pierre COHEN a souhaité faire valider par la Communauté Urbaine un projet mal ficelé et sans visibilité sur l’avenir.

Nous avons cependant noté la volonté de la Communauté Urbaine de sortir d’une impasse négative, créée par son Président, pour la poursuite des projets. C’est pourquoi nous n’avons pas souhaité voter contre la délibération et nous avons préféré nous abstenir pour marquer les réserves que nous continuons d’avoir sur le mode de gouvernance des transports proposé.

 

 

Malika ARADJ et Jean-Luc LAGLEIZE, délégués MoDem à la Communauté Urbaine du Grand Toulouse