ven
30
avr
2010
Intervention d'Yvette BENAYOUN-NAKACHE lors du débat préliminaire - Conseil Municipal du 30 avril
Monsieur le Député-Maire,
Mesdames, Messieurs,
Chers collègues,
Aujourd’hui, nous devions être réunis pour un conseil municipal thématique sur le GPV. Ce conseil municipal thématique, nous l’avons demandé depuis un certain temps, afin d’établir un état des lieux sur les mesures engagées, les subventions versées, et leur retombées concrètes sur la population.
Nous savons que l’avenir des zones franches urbaines n’est pas infini, et cet état des lieux aurait permis en outre d’avoir un réel débat sur les mesures d’avenir à prendre dans les quartiers cibles du GPV à Toulouse.
Après l’abstention historiquement haute aux dernières élections, particulièrement dans les quartiers prioritaires, il nous a semblé utile, et surtout constructif, de formaliser cette demande dans un vœu lors du dernier conseil municipal.
Néanmoins, Monsieur le Maire, vous nous aviez assuré prévoir un tel conseil municipal. Précisément, vous nous disiez lors du dernier conseil municipal et je reprends vos propres termes dans le mot-à-mot du PV du conseil municipal du 26 mars : « comme je l’avais déjà promis, je vous propose de mettre un conseil municipal, qui n’avait pas été programmé, le vendredi 30 avril au matin, pour avoir un débat autour, à la fois de ce travail réalisé, de cette mise en perspective de l’ANRU, et plus largement sur la politique de la ville ». Nous avons de fait retiré notre vœu qui n’avait plus de sens, tout en proposant d’adresser un signe fort à la population en tenant ce conseil municipal dans un quartier vivant du GPV. Nous étions convaincus qu’en répondant favorablement à notre demande, vous alliez ouvrir un réel espace de discussions permettant de faire un bilan complet du GPV et de débattre des mesures à prendre, dans la perspective qu’en 2010, un débat national entre les services de l’Etat, les villes concernées et l’ensemble des partenaires doit avoir lieu. Nous aurions ainsi été au point et au rendez-vous de ce débat national.
Vous imaginez donc aisément notre surprise à la lecture du dossier qui nous a été présenté. Un rapport d’avancement sur le GPV se noie parmi les 50 délibérations à l’ordre du jour. Nous reviendrons sur cette délibération, mais force est de constater que ce conseil municipal n’est pas un signe fort adressé aux populations concernées par le GPV. Finalement, vous avez profité de notre demande légitime et constructive pour caser un conseil municipal classique, qui s’occupe plus de votre cuisine interne et de vos remaniements plutôt que de l’avenir des quartiers populaires.
Ces quartiers sont pourtant aujourd’hui les premières victimes d’une insécurité de plus en plus banalisée. Après un tiers de mandat, cela ne suffit plus de renvoyer la responsabilité à d’autres acteurs institutionnels, quand bien même leur rôle est essentiel. La municipalité doit maintenant se mettre sur les rails et répondre concrètement aux attentes des toulousains. Précisément, où en est la discussion de la nouvelle convention avec la Préfecture sur les nouvelles missions que vous souhaitez mettre en place avec la police municipale. Si l’Office de la Tranquillité est une mesure que nous avons approuvée, quel est le bilan d’étape actuel ? Rentre-t-il réellement dans votre dispositif de sécurité ou est-il toujours un réceptacle des problèmes de nuisances sonores ?
En résumé, Monsieur le Maire, nous portions beaucoup d’espérance dans ce conseil municipal qui devait être thématique sur le GPV. Vous l’avez compris, ce n’est pas pour faire plaisir aux élus non inscrits qui y tenaient, mais pour la population concernée. Nous constatons donc avec amertume que vous n’êtes pas à ce rendez-vous qui était urgent et prioritaire. Nous attendons peut-être une séance de rattrapage !
Yvette BENAYOUN-NAKACHE
Conseillère municipale de Toulouse - Présidente du groupe des élus non inscrits
