Lettre d'Yvette Benayoun-Nakache sur la catastrophe d'AZF
(Parue dans la Voix du Midi, édition du 22 septembre 2011)
2OO1 : il y a eu ce terrible 11 Septembre en Amérique !
2OO1 : il y au ce terrible 21 Septembre à Toulouse avec l’explosion de l’usine AZF !
Ce vendredi matin , chaud, lumineux , où le vent d’Autan commençait à faire tomber les feuilles de l’automne, je partais pour ma permanence parlementaire, après une semaine passée à l’Assemblée Nationale. Soudain, un grand bruit, un nuage orangé dans le ciel, un grand silence de quelques secondes et puis des riverains hébétés, commençant à sortir dans ma rue de l’Union.
En quelques secondes, l’usine de mon enfance (ex-Onia) en face de laquelle j’ai habité plus de 2O ans, où mon père en était l’Infirmier-Major, a explosé. Explosés avec elle, tous les quartiers populaires, jetant dans les rues des centaines de blessés, parmi lesquels ma famille.
Double responsabilité immédiate, celle d’avoir de leurs nouvelles, et celle d’aller au devant des habitants de cette 4ème Circonscription dont j’étais la Députée et qui comptaient sur moi.
D’où mon action inlassable, avec mes Assitants, auprès des sinistrés : dans les décombres de leurs habitations, dans les Entreprises, les Commerces, les Ecoles, le centre AFPA, le Parc des Expositions, la Semvat, le Stadium, le Zénith …ou encore dans les Hôpitaux.
Je n’oublierai jamais la solidarité spontanée de tous ces Haut-Garonnais, venus nous porter main-forte et réconforter, matériellement, toute la population «jetée » dans les rues. Une image, entre autres, gravée, dans ma mémoire : une mamie, cloîtrée dans sa maison explosée de la Cité Papus, et refusant de la quitter, car ayant connu les bombardements de la dernière Guerre…
Yvette BENAYOUN-NAKACHE
